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Rue89 et le CPJ ont fait la tournée des produits allégés qui ont réussi à s'inviter à notre table avec des arguments souvent frelatés.
L'été arrive. Mais ne comptez pas sur nous pour vous donner des astuces pour retrouver la ligne avant d'enfiler votre maillot. De toute façon, si les produits allégés faisaient mincir, ça se saurait.
L'industrie agro-alimentaire, cette amie qui nous veut du bien
Ce qui est sûr, c'est que le light est un business qui pèse lourd. Depuis son apparition dans les années 60, l'allégé a été décliné à toutes les sauces. Pas un segment de l'industrie alimentaire qui ne soit épargné, même les plus improbables comme la confiserie, la charcuterie, le champagne, ou les biscuits apéros. Il y a même des domaines où l'allégé est devenu la référence : qui consomme encore des chewings avec sucre ?
Preuve que le light n'est pas réservé aux femmes qui font attention à leur ligne : si l'on en croit les sondages, un Français sur quatre en consommerait. Mais la méfiance des consommateurs grandit : selon une étude publiée en mars, un sur quatre n'aurait plus confiance. Près d'un sur deux estimerait même qu'il faut éviter d'en consommer, ou n'en consommer qu'exceptionnellement.
Depuis trois ans, le secteur du light perd des parts de marché. Selon Nielsen, -11% sur le chiffre d'affaire global des fromages allégés en 2008, -8,7% pour les yaourts et fromages blancs, -6,7% pour les céréales. Les glaces allégées n'ont pas réussi à percer : elles n'existent plus. Des échecs qui ne doivent pas masquer le succès des sodas sans sucre, Coca en tête.
Notre parti-pris : comparer le produit allégé et son produit de référence
Notre parti-pris, pour cette enquête, a été de vider le panier de la ménagère, produit par produit. Nous avons donc sélectionné une vingtaine d'aliments allégés de consommation courante pour les passer à la moulinette.
Composition, apport nutritionnel, satiété, goût, packaging… Qu'est-ce qui différencie le produit light du produit classique ? La question peut sembler absurde, mais la réponse ne l'est pas. Notamment parce que l'industrie agro-alimentaire brandit l'argument du « secret de fabrication » pour éviter de répondre aux questions qui fâchent. Il nous a donc fallu souvent mettre les pieds dans le plat pour trouver les réponses à nos interrogations.
Première différence : le prix, bien sûr. Les consommateurs le savent : la plupart des produits allégés coûtent plus cher. Une différence de prix parfois indécente.
Autres différences, bien plus suprenantes : des produits light… plus caloriques que les produits classiques ; des étiquettes mystérieusement laconiques ; des listes d'additifs qui ont de quoi couper l'appétit.
Car, faut-il le rappeler, « un produit allégé » est censé être le « même » produit (même texture, même aspect, même goût en bouche), mais débarrassé de son sucre et de ses matières grasses. Des ingrédients qui sont le plus souvent remplacés par une série d'additifs en tout genre. Et là , attention aux mauvaises surprises : faux sucres aux effets laxatifs dans les chewing-gums, gélatine de porc dans les yaourts 0%, etc.
Les industriels n'ont pas peur d'ajouter des conservateurs, épaississants ou autres colorants, qui modifient souvent les caractéristiques des aliments. Par définition pourtant, le produit allégé « ne doit pas changer fondamentalement la nature du produit ».
Mais que penser d'un beurre allégé avec lequel on ne peut pas cuisiner ? D'une confiture qui ne se conserve plus ? D'une boisson « énergisante » qui fatigue ?
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